Cours SEM940F – Nouveaux paradigmes de l'imaginaire du Nord et de l'Arctique
Description
Le Nord (et avec lui « l’hiver » et « le froid », chacun défini comme un système de signes culturels) est un espace imaginé et représenté depuis des siècles par les artistes et les autrices et auteurs du monde occidental, ce qui a mené, au fil du temps et de l’accumulation successive de couches de discours, à la création d’un « imaginaire du Nord » — que ce Nord soit celui de la Scandinavie, du Québec, des Premières Nations, des Inuits, de la Russie ou du Grand Nord, ou encore des pôles. Or les Occidentaux ont atteint le Pôle Nord il n’y a qu’un siècle, ce qui fait du « Nord » le produit d’un double regard, de l’extérieur — un vaste écran blanc pour les représentations, surtout occidentales — et de l’intérieur — les cultures nordiques (inuites, scandinaves, cries, etc.). Les premières étant souvent simplifiées et les secondes méconnues, si l’on souhaite penser le « Nord » dans une perspective d’ensemble, nous devons donc poser deux questions : comment et par quels signes culturels concevoir le Nord par l’imaginaire ? Selon quels principes éthiques devons-nous considérer les cultures nordiques, incluant notamment celles qui ont été minorées par le Sud ?
Objectifs
L’objectif de ce séminaire est d’explorer quatre nouveaux paradigmes qui permettent, par l’expression culturelle et notamment par les œuvres littéraires, de réfléchir aux processus contemporains de « recomplexification » de cet imaginaire, soit : (a) l’autochtonisation; (b) la considération des aspects genrés; (c) l’historicité (notamment celle des cultures minorées); et finalement (d) la pluridisciplinarité (notamment le rapport à la territorialité et à l’environnement).
La double démarche de ce séminaire vise à: d’abord réfléchir à la notion d’imaginaire du Nord en remettant en question l’ensemble des signes qui les composent : l’immensité, la blancheur, le froid, la vacuité, la neige, la glace, le silence, la solitude, mais aussi la laideur, l’hivernophobie, la vulnérabilité et l’inconfort; puis en ouvrant un chantier critique et d’analyse d’œuvres choisies, tirées des corpus québécois, inuits, des Premières Nations et scandinaves, de manière à examiner comment les œuvres contemporaines s’insèrent dans un imaginaire qu’elles déplacent et remettent en question.
Sommaire du contenu
Ce séminaire à contenu variable est consacré à une problématique, un objet ou un corpus déterminé par le professeur. Partant du champ disciplinaire spécifique de celui ou celle-ci (arts, communication, littérature, médias, philosophie), ce séminaire met l’accent sur les enjeux à la fois interdisciplinaires et sémiotiques de l’objet d’étude. Les réflexions sont enrichies par les contributions de chacun des étudiants selon leurs perspectives théoriques et critiques.