Cours LIT84AR – Susan Sontag: intelligence critique et esthétique sensible
Description
En 1966, Susan Sontag publie Contre l’interprétation. Elle pose alors à la fois un geste critique et un geste théorique. Ce séminaire propose d’aborder l’œuvre de Susan Sontag — essayiste, romancière, metteure en scène, cinéaste et figure marquante de la pensée féministe — en suivant la continuité de ce double geste, à la fois critique et théorique. D’un côté, les essais, mais aussi les moments critiques et militants où Sontag prend le risque de s’avancer dans les nouveaux territoires de la culture sensible (soit l’imaginaire par où la maladie est en quelque sorte dénaturée, masquée ; ou soit l’imaginaire qui fausse notre rapport à la guerre en fictionnalisant la douleur) ; d’un autre côté, les romans qu’elle a écrits : Le bienfaiteur (1965), Derniers recours (1967), L’amant du volcan (1992) et En Amérique (1999) ; et les films qu’elle a réalisés : Duo pour cannibales (1969), Les Gémeaux (1971) et La déchirure (1974). Pris dans son vaste ensemble, tout cela se traduit par une sorte de rythme intellectuel que Sontag a soutenu durant des années, et que nous nous efforcerons de suivre pour tenter non seulement de définir ce qu’a été (ou ce que pourrait être) l’esthétique sensible de Sontag, mais aussi pour nous demander dans quelle mesure ses œuvres de fiction ne devaient pas, à son regard, modifier, mettre à l’épreuve cette même esthétique ; ne serait-ce qu’en prévoyant de donner à voir et à entendre autrement.