Cours EPA904T – Pratiques artistiques face à la violence asymétrique et à la culture mémorielle

3e cycle
3 crédits
Études et pratiques des arts
Magistral

Description

Cours à contenu variable

Ce séminaire porte sur les rapports entre l’art, la société et la culture: autochtone/étrangère, nationale/internationale, populaire/savante. Sont également abordées les problématiques liées au statut des arts dans la culture, ainsi que la dynamique entre expression artistique et développement culturel et social. Les questions relatives à l’intervention, l’action et la diffusion culturelles et artistiques sont abordées, ainsi que leurs stratégies spécifiques. Les institutions culturelles comme mode d’existence et de reproduction des pratiques artistiques sont analysées. Sont également abordés les rapports entre art, éducation et société, en particulier le rôle de l’art dans le processus éducatif, et l’art comme moyen d’expression et de saisie de l’univers.

Sommaire du contenu

L’art est souvent appelé à se confronter à la violence de masse. Cette violence, dont le paradigme dans ce séminaire est la violence asymétrique (De Swann 2016), modifie et altère la manière dont les sociétés appréhendent la culture, mais également la politique et l’histoire. A ce sujet un malaise esthétique (Diktum d’Adorno) coexiste avec un besoin impérieux de montre en art. En effet, de nombreux artistes ont tenté de relever le défi à la frontière de la présentation et de la représentation dans des contextes historiques divers. Les pratiques artistiques, face à la violence asymétrique, se trouvent dans leur situation la plus critique car elles peinent à procéder à des choix et à des symbolisations qu’elles effectuent d’ordinaire. C’est une situation paradoxale; l’art est nécessaire mais problématique, la catharsis est impossible, mais l’oubli est impardonnable. Dans le cadre de ce séminaire, un regard sera porté sur les échanges de concepts et d’outils et sur les problématiques communes, auxquelles font face les pratiques artistiques et les sciences humaines, sur la question de violence de masse. Pour ce faire, des concepts telle que la représentation, la temporalité, la transmission, le témoignage, la reconnaissance, la vérité, et la justice, etc. seront abordés. Cette approche interdisciplinaire permettra de mieux saisir non seulement les enjeux auxquels font face les pratiques artistiques dans leur processus de création face aux violences asymétriques mais également de faire émerger des questionnements fondamentaux au sujet du statut de l’oeuvre d’art, des artistes, et du processus de réception par le spectateur. Dans le contexte globalisé et institutionnalisé de l’art contemporain, et à l’ère de la circulation vers le Sud des mémoires des grandes catastrophes du 20e siècle qu’a connu l’Occident, et vers le Nord des images de violences asymétriques endurées par les peuples du Sud, ce séminaire explore la manière dont les pratiques artistiques (arts visuels et médiatiques, cinéma, littérature, etc.) ont encouragé une réflexion critique au sujet de la violence de masse et à transformer la manière dont le passé est appréhendé dans les débats sur la mémoire politique. Outre les oeuvres d’art traitant des violences politiques, des nettoyages ethniques, de l’esclavage, du colonialisme, des guerres civiles ou encore des génocides, il existe des mémoriaux, des monuments et des musées auxquels ce séminaire s’intéressera afin de montrer le rôle fondamental que joue l’art à travers ces espaces mémoriels et muséaux dans la construction d’une culture mémorielle, et son intégration à la pédagogie sur la violence de masse. Enfin, montrer, (re)présenter la disparition causée par les violences de masse renvoie en art, non seulement à une politique/culture de mémoire mais également à une tension mémorielle, celle de l’oubli des catastrophes ignorées. Ainsi ce séminaire abordera également la question de la critique de la mémoire culturelle (Traverso, 2005 ; Coquio, 2015, etc.) à travers des textes et des oeuvres d’art.